2 - 3 - Symbiose des bactéries

Et oui , seulement environ  une bactérie sur mille est pathogène! Et les 999 autres? Et bien  une partie de ces cellules bactériennes sont inoffensives pour l'organisme  tandis que l'autre partie  lui est tout simplement indispensable. Le corps vit en constante cohabitation avec  celles-ci, ce qui soulève plusieurs questions : tout d'abord d'où nous viennent-elles? Pourquoi sommes nous dépendants de ces êtres si minuscules?

 

L'être humain est colonisé par les bactéries dès sa naissance. C'est le passage du foetus de l'utérus, un milieu stérile au vagin maternel qui lui ne l'est pas, qui déclenche la colonisation par les bactéries du futur bébé. Deux jours plus tard, la flore microbienne se sera développée sur la peau, et les cavités orales. Deux mois seront nécessaires à la flore intestinale pour qu'elle atteigne sa forme "mature". Une fois constituée  la flore intestinale ne variera plus. Ainsi les zones de contact avec l'extérieur de l'organisme de l'être humain seront dès sa naissance et durant toute sa vie, le gîte de nombreuses bactéries.

 La coexistence de la flore bactérienne avec l'organisme est designée par le terme de symbiose. La symbiose désigne l'existence simultanée et de manière associée d'un ou plusieurs organismes qui sont profitables l'un à l'autre. Ainsi notre organisme serait nécessaire aux bactéries et réciproquement... Voyons comment.

 Le meilleur exemple illustrant cette symbiose est l'appreil digestif. En effet celui-ci est un logeur de la flore bactérienne que l'on nomme alors  flore intestinale. Celle-ci  lui est utile car elles  mettent à son avantage leur caractère "glouton". En effet, les bactéries désagrègent des substances  ingurgitées par l'organisme qu'il ne parvient pas  à digérer tout seul comme par exemple la cellulose, principal constituant des végétaux. Elles contribuent donc à notre digestion. La flore permet aussi d'éliminer de l'organisme des substances potentiellement toxiques produites par des bactéries pathogènes ou de procéder à la synthèse de composés nécessaires au fonctionnement de l'organisme, qu'il ne sait pas fabriquer lui-même à partir des éléments ingérés comme la vitamine K qui permet la coagulation du sang.

La flore intestinale est dite "équilibrée" lorsque les bonnes bactéries ont le dessus sur les mauvaises et occupent la quasi-totalité de l'intestin. La flore microbienne protège ainsi  l'organisme en limitant la colonisation des micro-organismes pathogènes, en ne leur permettant pas de se multiplier dans des quantités anormales.

 

 Ainsi le tube digestif contient de nombreuses bactéries aidant à son fonctionnement, mais il n'est pas le seul organe comme on l'a vu précédemment. En particulier la peau qui héberge 32millions de bactéries/cm². Cette flore varie avec l'âge et constitue une barrière protégant la peau. Elle varie aussi en densité et en diversité  selon les zones du corps, elle est faible sur les zones sèches et très élevée sur les zones de plis, les zones poilues et de transpiration. Une expérience faite  à l'institut National Human Genome Research, Institut de Bethesda aux Etats-Unis illustre cette diversité de la flore cutanée. L'expérience consistait à faire 20 prélèvements de flore cutanée de différentes personnes, sur différents endroits du corps. Les résultats ont révélé que le corps humain  pouvait porter jusqu'à un million d'espèces différentes. La flore bactérienne d'un endroit précis de la peau est quasiment similaire d'un individu à un autre,  comme l'ont montré les résultats obtenus pour le pli de genou alors que celle d'un membre est très différente d'un individu à l'autre. On trouve deux types de flores microbiennes sur la peau :

-la flore résidente qui est constituée de germes commensaux vivants aux dépends de l'organisme sans lui causer de tort. Le staphylocoque épidermique ainsi que la proponie bactérie sont les bactéries majoritaires de la flore cutanée. Ces bactéries produisent des acides gras empêchant la prolifération de champignons qui provoqueraient l'apparition de mycose.

-la flore transitaire formée de germes saphrophytes et opportunistes se nourrissant de matières en putréfaction de l'organisme  et participant à leur dégradation.

 

Le lavage de mains permet donc d'éliminer une partie de cette flore transitaire, pouvant potentiellement générer une maladie. Ainsi l'acte de se laver les mains nous protège de bien des maladies induites par ces bactéries et nous évite au passage, quelques heures de souffrance. Cependant, le savon a aussi pour fonction de dissoudre les graisses et il ne fait pas de différenciation entre les "bonnes", (acides gras produits par les bactéries de la flore résidente)  et les "mauvaises" (venant du milieu extérieur ). Le film constitué par ces bonnes graisses, appelé film hydrolipidique, se voit donc dissout par l'action du savon. Or ce film joue un rôle très important pour notre organisme. En effet, il a pour fonction de retenir  de l'eau afin d'hydrater la peau  ainsi que de la protéger en recouvrant sa surface totalement. Le  savon assèche donc notre peau. Heureusement pour nous, ce film hydrolipidique se reconstitue et le lavage des mains reste donc plus bénéfique que néfaste. Il faudra cependant patienter quelques heures avant que le film évoqué précédemment ne soit totalement renouvelé.

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